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Comment diagnostiquer et traiter la maladie de Crohn

La maladie de Crohn, une inflammation des intestins, est une maladie qui provoque l’inflammation des parois des intestins, ce qui cause une diarrhée sévère ainsi que des douleurs abdominales. L’inflammation entre souvent en profondeur dans les couches de tissus endommagés. Tout comme n’importe quelle colite ulcéreuse, la maladie de Crohn peut être à la fois douloureuse et handicapante et peut parfois conduire à des complications qui compromettent le pronostic vital.31 Tandis qu’il n’existe aucun traitement médical reconnu pour guérir de la maladie de Crohn, certaines thérapies peuvent grandement réduire les signes et symptômes de la maladie et même conduire à une rémission de longue durée. Bien des personnes souffrant de la maladie de Crohn sont capables de vivre normalement dans leur vie de tous les jours grâce à ces thérapies.

Partie 1 sur 2: Reconnaitre les symptômes et confirmer le diagnostic

  1. Image intitulée Diagnose and Treat Crohn's Disease Step 1

    Sachez quels sont les symptômes de la maladie de Crohn. Ces derniers sont similaires à d’autres problèmes intestinaux, comme une colite ulcéreuse ou une perturbation des selles. Les symptômes peuvent aller et venir et peuvent varier d’un état bénin à un état grave. Ils seront différents d’une personne à l’autre, suivant la partie de l’appareil digestif qui est atteint. Voici quelques-uns des symptômes les plus courants.

    • La diarrhée  : l’inflammation due à la maladie de Crohn dans les zones touchées de l’intestin oblige les cellules à sécréter de grandes quantités d’eau et de sel. Comme le côlon ne peut pas absorber cet excès de liquide, vous développez une diarrhée.
    • Des douleurs abdominales et des crampes : l’inflammation et l’ulcération peuvent faire enfler les parois de certaines parties de l’intestin et finir par l’épaissir avec des tissus nécrosés. Cela perturbe l’expulsion normale des selles et peut conduire à des douleurs et des crampes.
    • Du sang dans vos selles : la nourriture qui passe dans votre appareil digestif peut faire saigner les tissus enflammés, à moins que votre intestin ne se mette à saigner de lui-même.
    • Des ulcères : la maladie de Crohn démarre avec de petites plaies à la surface de l’intestin. Ces plaies peuvent s’agrandir et devenir de grands ulcères qui pénètrent en profondeur – et parfois aussi à travers la paroi intestinale.
    • Une perte d’appétit et de poids : des douleurs abdominales et des crampes ainsi que la réaction inflammatoire sur la paroi de l’intestin peut perturber à la fois votre appétit et votre capacité à digérer et absorber la nourriture.
    • Une fistule ou un abcès : l’inflammation due à la maladie de Crohn peut passer par les parois de l’intestin pour entrer dans les organes voisins, comme la vessie ou le vagin, créant une connexion anormale nommée fistule. Cela peut aussi conduire à un abcès, une plaie enflée et remplie de pus.
  2. Image intitulée Diagnose and Treat Crohn's Disease Step 2

    Reconnaissez les symptômes les plus courants d’une maladie de Crohn. En plus des symptômes mentionnés ci-dessus, les personnes souffrant de la maladie de Crohn peuvent éprouver des effets secondaires moins courants comme des douleurs articulaires, de la constipation et des gencives enflées.

    • Les personnes qui souffrent d’une version sévère de la maladie de Crohn peuvent éprouver de la fatigue et de la fièvre ainsi que des problèmes en dehors de l’appareil digestif comprenant l’arthrite, l’inflammation des yeux, des problèmes de peau (notamment du psoriasis) et une inflammation des canaux des reins ou de la bile.
    • Les enfants souffrant de la maladie de Crohn peuvent présenter un retard de croissance ou du développement de la puberté.
  3. Image intitulée Diagnose and Treat Crohn's Disease Step 3

    Sachez quand faire appel à un médecin. Appelez tout de suite votre médecin si vous éprouvez n’importe lequel des symptômes suivants.

    • Des vertiges et un pouls rapide et faible.
    • Des maux d’estomac sévères.
    • Une fièvre inexpliquée et des frissons qui persistent plus d’un jour ou deux.
    • Des vomissements répétés.
    • Du sang dans vos selles.
    • De fréquents accès de diarrhée dont les traitements en vente libre ne viennent pas à bout.
  4. Image intitulée Diagnose and Treat Crohn's Disease Step 4

    Faites faire des examens pour confirmer le diagnostic. Si votre médecine soupçonne une maladie de Crohn, il pourrait vous envoyer chez un gastroentérologue (un spécialiste de l’appareil digestif) pour vous soumettre à d’autres examens diagnostiques. Ces derniers pourraient comprendre.

    • Une analyse sanguine : votre médecin pourrait suggérer une prise de sang pour vérifier s’il n’y a pas d’anémie, un effet secondaire courant de la maladie de Crohn (due à la perte de sang).
    • Une coloscopie  : cet examen permet à votre médecin de voir tout le côlon en se servant d’un tube fin, souple et éclairé attaché à une caméra. Le médecin pourra identifier avec la caméra toute inflammation, saignement ou ulcère sur la paroi du côlon.
    • Une sigmoïdoscopie flexible : lors de cette procédure, le médecin se sert d’un tube fin, souple et éclairé pour examiner le sigmoïde qui est la dernière partie de votre côlon.
    • Le lavement baryté : cet examen diagnostique permet à votre médecin d’examiner les parois de votre gros intestin avec des rayons X. Avant le test, on vous injecte du baryum, une solution de contraste de la même façon qu’un lavement, donc par le rectum.
    • Les rayons X dans l’intestin grêle : cet examen se sert des rayons X pour examiner les parties de l’intestin grêle qui n’apparaissent pas lors d’une coloscopie.
    • La tomographie par ordinateur : vous pourriez éventuellement avoir besoin d’une tomographie, laquelle est une technique aux rayons X qui donne plus de détails que des rayons X classiques. Cet examen inspecte tout l’intestin ainsi que les tissus conjonctifs extérieurs à l’intestin, lesquels ne peuvent pas être vus avec d’autres examens.
    • L’endoscopie par capsule : si vous présentez des symptômes qui suggèrent une maladie de Crohn, mais que les examens habituels se révèlent négatifs, votre médecin pourrait procéder à une endoscopie par capsule.

Partie 2 sur 2: Comprendre les différents traitements

  1. Image intitulée Diagnose and Treat Crohn's Disease Step 5

    Voyez avec votre médecin pour un traitement médicamenteux. Des médicaments différents sont utilisés pour maitriser les symptômes de la maladie de Crohn. Le type de médication indiquée pour vous dépendra de la nature spécifique de votre maladie et de la sévérité des symptômes. Voici quelques médicaments couramment utilisés.

    • Des anti-inflammatoires : ces médicaments sont souvent la première étape dans le traitement d’un intestin enflammé.
    • Les agents de modification du système immunitaire : ces médicaments réduisent aussi l’inflammation, mais ils ciblent plus volontiers votre système immunitaire afin que l’organisme cesse d’attaquer ses propres tissus. Ces médicaments comprennent principalement l’azathioprine et le méthotrexane.
    • Les antibiotiques : ils peuvent traiter la prolifération des bactéries présentes dans les fistules et abcès chez les personnes atteintes de la maladie de Crohn.
    • Les traitements de la diarrhée : les patients atteints de maladie de Crohn qui souffrent de diarrhées chroniques supportent bien des agents contre la diarrhée comme la lopéramide (l’Imodium), laquelle est en vente libre dans toutes les pharmacies.
    • Des capteurs d’acide biliaire : les patients souffrant de maladie iléale ou d’une section partielle de l’iléon (la terminaison de l’intestin grêle) peuvent ne pas absorber normalement l’acide biliaire, ce qui peut conduire à une sécrétion de diarrhée dans le côlon. Ces patients peuvent tirer profit de capteurs de l’acide biliaire comme la cholestyramine.
    • Autres médicaments : d’autres médicaments susceptibles de soulager les symptômes d’une maladie de Crohn comprennent des corticoïdes, des agents de modification du système immunitaire, des compléments à base de fibres, des laxatifs, des compléments de fer, des injections de vitamine B12 ainsi que des compléments de vitamine D et de calcium.
  2. Image intitulée Diagnose and Treat Crohn's Disease Step 6

    Suivez les recommandations de votre médecin en ce qui concerne l’alimentation. Il n’existe aucune preuve que votre alimentation est responsable de vos problèmes intestinaux. Mais certains aliments et boissons peuvent aggraver la maladie (surtout pendant une poussée), tandis que d’autres peuvent aider à soulager les symptômes et empêcher d’autres poussées.

    • Un complément alimentaire riche en fibres peut aider les patients qui souffrent d’une maladie du côlon. Cela est dû au fait que les fibres diététiques peuvent être converties en acides gras, lesquels permettent au côlon de guérir par lui-même.
    • Tâchez d’éviter les produits laitiers, étant donné que la plupart des patients atteints de maladie de Crohn sont intolérants au lactose. Vous pouvez prendre des suppléments de calcium pour prévenir toute carence et diminuer le risque d’ostéoporose.
    • Évitez les aliments qui provoquent des gaz et des ballonnements tels que les haricots et les légumes verts, surtout le chou. Vous devriez aussi limiter votre consommation de plats trop gras ou frits, lesquels peuvent rendre la digestion plus difficile. De plus, vous devriez manger de plus petites quantités tout le long de la journée pour atténuer les ballonnements et pour ne pas trop charger votre appareil digestif.
    • Dans certains cas, votre médecin pourrait vous recommander un régime spécial via une sonde ou des nutriments injectés dans une veine pour traiter votre maladie de Crohn. C’est un moyen d’alimentation temporaire, habituellement employé pour des patients qui se remettent d’une opération des intestins afin d’assurer leur repos ou dont les intestins ne parviennent plus à absorber les nutriments par eux-mêmes. [1]
    • Sachez que chaque cas de maladie de Crohn est différent et pourrait avoir des intolérances alimentaires différentes et spécifiques. Un bon moyen d’identifier ces intolérances est de tenir un journal alimentaire journalier où vous notez tout ce que vous mangez. Cela peut vous aider à identifier les aliments qui aggravent vos symptômes. Vous pouvez faire l’effort de les éliminer, une fois que vous connaissez les aliments qui provoquent vos réactions.
  3. Image intitulée Diagnose and Treat Crohn's Disease Step 7

    Procédez à certains changements du mode de vie. Bien que l’on ne puisse pas guérir la maladie de Crohn, vous pouvez atténuer les symptômes et vivre tout à fait normalement en suivant les recommandations de votre médecin et en faisant des choix de vie plus sains. Ces derniers comprennent.

    • Réduisez les tensions : bien que le stress ne soit pas à l’origine de la maladie de Crohn, il peut faire empirer vos symptômes et déclencher des poussées. Bien qu’il ne soit pas toujours possible d’éviter les tensions, vous pouvez trouver des moyens de les gérer.
    • Arrêtez de fumer : si vous fumez, vous êtes plus susceptible de développer une maladie de Crohn. De plus, le tabac aggrave les symptômes de la maladie de Crohn et augmente la probabilité de complications et d’une intervention chirurgicale. [2]
    • Augmentez votre activité physique : une activité physique régulière vous aidera à garder un poids correct et à réduire les tensions – deux choses qui peuvent beaucoup aider pour contrôler la maladie. Essayez de trouver une forme d’activité que vous aimez faire – que ce soit la danse, l’escalade ou la randonnée.
    • Modérez votre consommation d’alcool : les symptômes de la maladie de Crohn peuvent empirer suite à une consommation excessive d’alcool. De ce fait, il est recommandé de boire avec modération, voire de supprimer complètement l’alcool dans les cas les plus sévères.
  4. Image intitulée Diagnose and Treat Crohn's Disease Step 8

    Voyez pour un traitement chirurgical. Si les changements alimentaires et du mode de vie, la prise de médicaments ou d’autres traitements ne soulagent pas vos symptômes, votre médecin pourrait vous recommander une intervention chirurgicale pour enlever une partie abimée de votre appareil digestif, refermer une fistule ou enlever des tissus endommagés. Les trois types de chirurgie auxquels les patients de la maladie de Crohn peuvent se soumettre sont les suivants.

    • La colectomie : cette intervention implique l’ablation du rectum et de toutes les parties du côlon. Elle est réalisée sous anesthésie générale par un spécialiste. La durée du rétablissement est habituellement entre quatre et six semaines.
    • La chirurgie de l’iléon : elle peut être réalisée en plus d’une colectomie. Cela implique de rattacher l’iléon (la base de l’intestin grêle) à une ouverture dans l’abdomen. Une petite poche est attachée à l’abdomen pour collecter les selles. Après l’intervention chirurgicale, on montrera au patient comment vider et nettoyer cette poche et le patient peut poursuivre une vie normale.
    • La résection chirurgicale de l’intestin : ce type d’acte chirurgical implique l’ablation de la seule partie malade de l’intestin. Les deux parties saines de l’intestin sont rattachées après l’ablation, ce qui permet aux intestins de reprendre une fonction normale. La convalescence dure de trois à quatre semaines.
    • Les autorités de santé estiment qu’environ deux tiers des personnes souffrant de maladie de Crohn auront besoin d’un acte chirurgical à un moment de leur vie, quand les autres traitements n’agissent plus. Cette maladie nécessite malheureusement plusieurs interventions chirurgicales.
  5. Image intitulée Diagnose and Treat Crohn's Disease Step 9

    Essayez les plantes médicinales. Certaines plantes comme la réglisse ou les asperges peuvent être bonnes pour la maladie de Crohn.

    • Certaines études laissent penser que la réglisse régule le système digestif (les intestins) en réduisant les irritations et en facilitant la guérison des ulcères.
    • Les asperges, en particulier l’Asparagus racemosus peut faciliter la guérison de tissus endommagés en adoucissant les muqueuses gastriques.
    • La Valeriana Officinalis est une plante qui peut soulager certaines douleurs comme le mal de ventre et soigner la diarrhée, la constipation ou les nausées, c’est un remède considéré comme étant homéopathique.
    • Si vous avez des selles aqueuses, la Veratrum Album (en poudre ou naturelle) peut vous aider à améliorer votre santé.

     Conseils

  • Suivez attentivement le traitement de votre médecin et faites analyser régulièrement votre sang pour déceler les effets secondaires des médicaments que vous prenez.
  • Ne prenez que les médicaments prescrits par votre médecin ou gastroentérologue.
  • Vous avez plus de chances de développer une maladie de Crohn si vous fumez.
  • Renseignez-vous et mettez-vous en relation avec des associations pour vous mettre en contact avec des groupes de soutien.
  • L’alcool peut aggraver une maladie de Crohn. Il est recommandé, même dans la vie de tous les jours, de boire modérément voire pas du tout pour diminuer les symptômes de la maladie.
  • Une activité physique régulière associée à une alimentation saine dans vos habitudes peut aussi vous épargner des tensions.
  • Vous avez plus de chances de développer une maladie de Crohn si vous vivez en ville ou dans un pays industrialisé.
  • Bien que la race blanche ait le risque le plus élevé, la maladie peut toucher n’importe quel groupe ethnique.
  • Tenez un journal alimentaire quotidien qui fait la liste de ce que vous consommez pour vous aider à trouver les aliments qui augmentent vos symptômes et tâchez de les éviter (chaque patient est différent).
  • La maladie de Crohn peut se déclarer à n’importe quel âge, mais vous êtes plus susceptible d’en souffrir entre 20 et 30 ans.

Avertissements

  • N’utilisez pas d’anti-inflammatoires de type aspirine ou paracétamol. Ils peuvent aggraver vos symptômes.
  • Parlez-en avec votre médecin avant de prendre un laxatif, car même les produits en vente libre peuvent être trop agressifs pour votre appareil digestif.
  • Prenez garde avec les produits contre la diarrhée et ne les prenez qu’après avoir consulté votre médecin, car ils augmentent le risque d’intoxication et d’inflammation mortelle du côlon.

Source Wikihow

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Maladies inflammatoires chroniques de l’intestin (MICI)

Les maladies inflammatoires chroniques de l’intestin, maladie de Crohn et recto-colite hémorragique, se caractérisent par l’inflammation de la paroi d’une partie du tube digestif, liée à une hyperactivité du système immunitaire digestif. Il n’existe pas de traitement curatif de ces maladies, mais les médicaments actuels permettent la plupart du temps un contrôle durable de la maladie et une qualité de vie satisfaisante en dehors des poussées. Plusieurs voies de recherche sont en cours de développement pour améliorer encore les traitements existants.

Les maladies inflammatoires chroniques de l’intestin (ou MICI) regroupent la maladie de Crohn et la rectocolite hémorragique. Toutes deux se caractérisent par une inflammation de la paroi d’une partie du tube digestif. Dans la maladie de Crohn, cette inflammation peut être localisée à tous les niveaux du système digestif, de la bouche à l’anus, même si c’est au niveau de l’intestin qu’on la retrouve le plus souvent. Dans la rectocolite hémorragique, elle est localisée au niveau du rectum et du côlon.

High magnification micrograph of Crohn's disease. Biopsy of colon. © Creative Commons Attribution-Share Alike 3.0 Unported license

Ces maladies évoluent par poussées inflammatoires de durée et de fréquence extrêmement variables selon les patients. Ces poussées alternent avec des phases de rémission.

Les MICI sont le plus souvent diagnostiquées chez des sujets jeunes, âgés de 20 à 30 ans. Toutefois, elles peuvent survenir à tout âge et 15% des cas concernent des enfants. Si leur fréquence varie considérablement d’un pays à l’autre, les taux les plus importants sont retrouvés dans les pays industrialisés, notamment en Europe du Nord-Ouest et aux Etats-Unis. En France, où la prévalence est stable ces dernières années, environ 5 nouveaux cas de maladie de Crohn et autant de rectocolites hémorragiques sont diagnostiqués chaque année pour 100 000 habitants. La prévalence augmente en revanche de façon exponentielle dans les pays en cours d’industrialisation (pays du Maghreb, Asie, Afrique du Sud…).

Douleurs abdominales et diarrhées, deux symptômes typiques

Lors des poussées inflammatoires, les MICI se caractérisent le plus souvent par : des douleurs abdominales, des diarrhées fréquentes, parfois sanglantes, ou encore une atteinte de la région anale (fissure, abcès). Ces symptômes font peser sur la maladie un certain tabou. Ils s’accompagnent souvent de fatigue, d’anorexie et de fièvre, voire de manifestations extra-intestinales (articulaires, cutanées, oculaires, hépatiques).

Chez environ 20% des patients, les crises sont sévères : leur intensité peut imposer l’hospitalisation, l’arrêt de l’alimentation et un traitement par perfusion pendant quelques jours. En outre, l’évolution de la maladie peut entraîner le rétrécissement du segment intestinal atteint, puis une occlusion ou encore un abcès. Celui-ci peut conduire à la formation d’une fistule, c’est-à-dire à l’ouverture d’une voie de communication anormale partant de l’intestin vers un autre organe. Ces complications nécessitent une intervention chirurgicale.

Les MICI sont associées à un risque accru de cancer colorectal, notamment lorsque des lésions sont présentes au niveau du côlon. Une étude danoise a montré que, par rapport à la population générale, ce risque est multiplié par 2 à 2,5 après 10 ans d’évolution de la maladie.

Plusieurs critères pour un diagnostic

Le diagnostic des MICI repose sur plusieurs critères cliniques, biologiques et d’imagerie médicale.

Lorsque des symptômes cliniques évoquent un MICI, un bilan biologique est réalisé. Il permet de détecter un syndrome inflammatoire, la présence de marqueurs spécifiques des MICI, notamment les anticorps anti-Saccharomyces cerevisiæ (ASCA) et les anticorps anti-cytoplasme des polynucléaires neutrophiles (ANCA), ou encore d’éventuelles carences nutritionnelles. Un marqueur d’inflammation (calprotectine) est souvent dosé directement dans les selles. Cet examen est utile au dépistage de la maladie, mais par la suite il sert aussi à l’évaluation de l’efficacité du traitement mis en place.

Une endoscopie digestive permet de rechercher la présence et la localisation de lésions du tube digestif, ainsi que de réaliser des prélèvements. Cet examen consiste à introduire une sonde équipée d’une camera dans le système digestif du patient. Si nécessaire, une entéro-IRM peut venir complèter l’examen pour étudier plus finement l’intestin grêle. L’utilisation de vidéocapsule, une gélule à avaler munie d’une mini-caméra, permet également d’observer l’intestin grêle et, parfois, de révéler des microlésions invisibles avec les autres techniques d’imagerie. Ces vidéocapsules sont en cours de développement pour le côlon.

Des facteurs d’environnement sur un terrain génétique

U843 "Inflammation intestinale pathologique de l'enfant". Jean-Pierre Hugot, directeur de l'unité en réunion avec son équipe. Etude de la maladie de Crohn, maladie génétique inflammatoire chronique intestinale, dans le laboratoire de l'unité 843, Hôpital Robert Debré, Paris. © Inserm, P. Latron

Plusieurs facteurs de risque de MICI sont suspectés, notamment des facteurs génétiques et environnementaux.

L’analyse du génome de patients atteints de MICI a permis l’identification de plus de 150 gènes de prédisposition à ces maladies. En dehors de cas rares, leur impact sur la survenue d’une MICI est modéré. Néanmoins, une ou deux mutations sur le gèneNOD2/CARD15 multiplieraient par 40 le risque de développer la maladie de Crohn.

Le fait que la prévalence de ces maladies augmente très rapidement dans les pays en voie d’industrialisation laisse suspecter un rôle de l’environnement, et en particulier de lapollution, dans leur survenue. Des études suggèrent une implication de microparticules ou encore de métaux lourdscomme l’aluminium. L’alimentation pourrait également être en cause. Toutefois, aucun aliment, groupe d’aliments ou façon de cuisiner n’a pour le moment été associé aux MICI. Le tabagisme est par contre un facteur de risque avéré de la maladie de Crohn. Paradoxalement, il protège de la rectocolite hémorragique.

MICI et microbiote intestinal
Le microbiote intestinal semble jouer un rôle important, mais encore mal connu, dans l’inflammation caractéristique des MICI. Une hypothèse séduisante est avancée : un déséquilibre dans la composition de la flore intestinale apparaîtrait sous l’influence de facteurs génétiques et environnementaux, et jouerait lui-même un rôle dans l’initiation, le maintien ou la sévérité de l’inflammation, engendrant un cercle vicieux. Chez environ 40% des patients, on retrouve par exemple une nouvelle famille d’Escherichia Coli (AIEC), plus adhérente aux cellules de la paroi intestinale et plus invasives que les souches habituelles.
Le microbiote constitue donc une cible thérapeutique intéressante  dans la prise en charge de ces maladies inflammatoires.  Néanmoins, les essais cliniques visant à rétablir l’équilibre de la flore intestinale par transplantation fécale ou à l’aide de probiotiques/prébiotiques n’ont pas été concluants. Certaines équipes essayent de créer des probiotiques génétiquement modifiées qui permettraient d’implanter l’espèce d’intérêt tout en la dotant de propriétés supplémentaires, comme la sécrétion de médiateurs immunomodulateurs. D’autres cherchent à éradiquer les E. Coli AIEC grâce à des antibiotiques ou à l’aide de bactériophages (virus infectant spécifiquement des bactéries).

Traitements de crise et traitements de fond

Il n’existe pas de traitement curatif des MICI, mais les médicaments anti-inflammatoires actuels permettent dans la grande majorité des cas un contrôle durable de la maladie, pendant plusieurs années, associé à une qualité de vie satisfaisante. Ils préviennent l’apparition des poussées et prolongent les phases de rémission en favorisant la cicatrisation des lésions du tube digestif. Lors des poussées, des 5-aminosalicylés (5-ASA) peuvent être prescrits chez les personnes souffrant de forme modérée de rectocolite hémorragique. Par contre, ils ne sont pas efficaces dans la maladie de Crohn. Les corticoïdes sont quant à eux de moins en moins utilisés en raison de leurs effets secondaires à moyen et long terme.

Chez les patients dont la maladie est évolutive, les médecins instaurent rapidement un traitement immunomodulateur, pour stopper les crises et éviter l’apparition de nouvelles lésions. Ces médicaments permettent de réguler l’immunité des patients et réduire l’inflammation à long terme. Les plus utilisés sont les biothérapies : lesanti-TNF-α et anti-Il12/Il-23 bloquent spécifiquement des facteurs d’inflammation impliqués dans la maladie. Environ 70% des patients répondent bien à ces traitements. Toutefois, chez la moitié d’entre eux, l’efficacité de ces médicaments s’altère au bout de deux ans, nécessitant de changer de molécule. Une nouvelle génération d’immunomodulateur spécifique de l’intestin (vedolizumab) vient d’arriver sur le marché. Il s’agit d’anticorps monoclonaux qui se lient spécifiquement à des molécules d’adhésion présentes à la surface de cellules immunitaires du sang, empêchant leur passage dans le tube digestif. Ce nouveau médicament est particulièrement bien toléré.

Pour les malades résistants à un traitement bien suivi, ou encore suite à l’apparition de complications, un traitement chirurgical peut être proposé. Après 10 ans d’évolution de leur maladie, plus d’un patient sur deux a subi une intervention chirurgicale afin de retirer le segment du tube digestif le plus atteint. Cette proportion devrait diminuer dans les années à venir grâce à l’arrivée de nouveaux médicaments plus efficaces.

Enfin, la fréquence et l’importance des diarrhées peuvent entraîner une carence nutritionnelle. Une supplémentation en fer, acide folique, zinc, magnésium, vitamines… peut être nécessaire, par voie orale ou intraveineuse. Chez l’enfant, il faut parfois recourir à la nutrition entérale, exclusive ou en complément.

Du côté des laboratoires

Plusieurs voies de recherche sont en cours de développement pour améliorer le traitement des maladies inflammatoires chroniques intestinales.

De nombreux laboratoires travaillent à la mise au point de nouvelles biothérapies, plus efficaces et mieux tolérées. Une nouvelle classe d’anticorps anti-b7 devrait notamment arriver sur le marché en 2017. Néanmoins, les immunomodulateurs actuels ciblent l’inflammation sans permettre de traiter la fibrose résultant des lésions induites et de leur cicatrisation. Or? cette fibrose provoque localement une réduction du diamètre du tube digestif, avec un risque d’occlusion nécessitant une intervention chirurgicale. Des antifibrotiques sont donc également en cours de développement. L’objectif est de les associer aux immunomodulateurs.

Par ailleurs, une nouvelle molécule de la classe 5-ASA, beaucoup plus efficace, est à l’étude. Les 5-aminosalicylés (5-ASA) sont de vieilles molécules dont le développement valut un prix Nobel de médecine à Gerhard Domagk, en 1939. Ce n’est que des années plus tard que les médecins découvrirent de façon fortuite leur utilité dans le traitement des maladies inflammatoires de l’intestin. Et il fallut attendre 2007 pour qu’une équipe décortique les voies de signalisation impliquées dans son mécanisme anti-inflammatoire. Ces travaux ont permis de franchir un pas important dans la mise au point d’une nouvelle molécule plus spécifique (GED-0507-34 Levo), toujours en cours de développement. Elle pourrait avoir une action anti-inflammatoire 50 fois supérieure à celle des 5-aminosalicylés aujourd’hui disponibles, notamment dans la rectocolite hémorragique. Elle présenterait en outre une action antifibrotique.

Autre traitement très prometteur qui pourrait bien changer l’histoire de la maladie : l’anti-SMAD7 (mongersen). Il s’agit cette fois d’une petite molécule d’acide nucléique  (oligonucléotide antisens) qui bloque la production du facteur de transcription SMAD7 dans les cellules immunitaires. Sans ce facteur, les lymphocytes T perdent leur capacité à produire des cytokines pro-inflammatoires et les macrophages et cellules dendritiques perdent en efficacité. Chez des personnes atteintes de maladie de Crohn active, un traitement par voie orale de deux semaines avec ce médicament a entrainé une rémission dans environ 65% des cas à trois mois, quelle que soit l’ancienneté de la maladie. Du jamais vu jusque-là avec aucun autre médicament ! Un essai clinique de phase III doit confirmer ces résultats.

Des cellules souches pour réparer les fistules

Chez les patients souffrant de fistules le recours à la thérapie cellulaire progresse. Environ 20% des personnes atteintes de MICI, présentent une fistule, en particulier au niveau du périnée. Une étude clinique incluant 289 patients présentant une fistule péri-anale vient en effet de montrer qu’une injection unique de cellules souches mésenchymateuses (issues du tissu adipeux) au niveau de la fistule permet de la refermer dès la 6e semaine. Bien qu’il s’agisse de cellules prélevées chez un donneur et non le patient lui-même, aucun traitement immunosuppresseur n’est nécessaire. La société à l’origine de cette étude a fait une demande d’autorisation de mise sur le marché pour commercialiser ses seringues pré-remplies de cellules mésenchymateuses.

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Tractus gastro-intestinal ou appareil digestif

Dans la maladie de Crohn, l’inflammation s’étend profondément dans la muqueuse de la partie affectée du tractus gastro-intestinal. Le gonflement provoqué par l’inflammation peut être source de douleur et peut engendrer le phénomène que l’on appelle « intestin vide » ou « colon vide », responsable de la diarrhée.

Chronique ou de longue durée, l’inflammation peut produire un tissu cicatriciel qui se forme à l’intérieur de l’intestin, et alors créer une sténose – Une sténose est un passage rétréci qui peut ralentir l’évolution des aliments dans l’intestin, causant ainsi des douleurs ou des crampes.

La maladie de Crohn est une maladie inflammatoire de l’intestin, responsable de l’inflammation et de l’irritation des intestins. La maladie de Crohn peut être difficile à diagnostiquer car ses symptômes sont semblables à d’autres troubles intestinaux, tels que la colite ulcéreuse, d’autres maladies inflammatoires de l’intestin ou le syndrome du côlon irritable.

Par exemple, la colite ulcéreuse et la maladie de Crohn provoquent toutes deux des douleurs abdominales et de la diarrhée.

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